Retraite : France et Turquie
Une convention bilatérale de sécurité sociale lie la France et la Turquie : les périodes cotisées dans les deux pays peuvent être prises en compte ensemble. Chaque caisse liquide néanmoins sa propre pension, avec ses propres pièces.
Vérifié le 8 septembre 2026 Mis à jour le 8 septembre 2026
L’essentiel
- Niveau de certification
- Apostille + Traduction assermentée (Turquie) + Traduction certifiée par notaire (Turquie)
- Délai estimé
- Les échanges entre organismes de liaison sont lents ; le calendrier appartient aux caisses
- Pays de destination
- France
Acceptation sous conditions
Vous avez travaillé des deux côtés, et chacun des deux systèmes ne connaît que sa moitié de votre carrière. Cette page explique ce que la coordination franco-turque permet, quelles pièces circulent et lesquelles doivent être traduites.
Ce que la convention bilatérale change
La France et la Turquie sont liées par une convention de sécurité sociale. Son effet principal, pour une carrière partagée, est la totalisation : les périodes accomplies dans un pays peuvent être prises en compte pour apprécier les conditions d’ouverture du droit dans l’autre. Cela évite qu’une carrière trop courte de chaque côté ne débouche sur rien. Les conditions précises et les régimes concernés se vérifient auprès des caisses ; nous ne les paraphraserons pas ici, parce qu’une approximation sur ce terrain se paie en années.
Totaliser n’est pas fusionner
Chaque pays liquide sa pension selon ses propres règles et pour ses propres périodes. Vous ne recevez pas une pension unique, mais deux, versées séparément. La totalisation sert à ouvrir le droit, pas à transférer des cotisations d’un système à l’autre. C’est le malentendu le plus fréquent, et il conduit certains à croire qu’ils peuvent rapatrier leurs droits : ce n’est pas ce que fait la coordination.
Les institutions se parlent, mais lentement
Les organismes de liaison des deux pays échangent des formulaires prévus à cet effet. Vous déposez en principe votre demande dans le pays où vous résidez, et c’est la caisse saisie qui interroge l’autre. Ce circuit fonctionne, mais il est lent, et l’essentiel de ce que vous pouvez faire consiste à fournir des informations exactes dès le départ : périodes, employeurs, numéros d’affiliation, identité constante d’un dossier à l’autre.
Les pièces demandées côté turc
- Le relevé de carrière de la sécurité sociale turque : voir relevé de carrière SGK et le relevé de carrière turc.
- L’extrait du registre de population, dans sa version portant les événements : voir l’extrait du registre de population.
- Selon la situation, une attestation de retraite turque : voir attestation de retraite.
L’institution turque est présentée sur la sécurité sociale turque, et le versant turc de la question sur totalisation des périodes.
Le certificat de vie
Une caisse qui verse une pension à l’étranger demande périodiquement la preuve que le bénéficiaire est vivant. Le document est simple, mais deux choses le rendent piégeux : il doit être établi par une autorité que la caisse accepte, et il doit lui parvenir dans le délai qu’elle fixe. Un retard suspend le versement, et le rétablissement prend du temps. Notez la date de renvoi dès la réception du formulaire, avant de le poser sur une pile.
Apostille et traduction : quand elles sont vraiment nécessaires
Les échanges entre organismes de liaison passent par des formulaires prévus à cet effet et n’appellent pas de traduction de votre part. En revanche, dès qu’une pièce d’état civil ou une attestation sort du circuit institutionnel pour être produite directement à un guichet, la question se pose. Une pièce française destinée à un guichet turc s’apostille en France — voir obtenir une apostille en France — puis se traduit ici. Demandez d’abord à la caisse si elle exige une traduction certifiée : parfois elle ne l’exige pas, et l’économie est immédiate.
Résider en Turquie avec une pension française
Le changement de résidence a des effets sur le versement, sur la fiscalité et sur la couverture maladie, et ces trois sujets ne relèvent pas du même interlocuteur. Signalez le changement d’adresse à chaque organisme séparément et gardez la trace de chaque déclaration. Les questions fiscales appellent un conseil : nous ne les traitons pas.
Ce que nous faisons
Nous obtenons les pièces turques, y compris par procuration si vous n’êtes pas sur place — voir obtention de documents par procuration — nous traduisons dans le sens utile et nous faisons certifier lorsque c’est exigé. Nous ne remplissons pas de demande de pension à votre place et nous ne calculons aucun droit. La structure de nos honoraires figure sur la page tarifs.
Questions fréquentes
En principe non : la demande déposée dans votre pays de résidence déclenche l’instruction auprès de l’autre régime. Confirmez-le tout de même auprès de la caisse que vous saisissez, en signalant clairement l’existence de périodes dans l’autre pays, faute de quoi elles risquent de n’être jamais interrogées.
C’est la cause de blocage la plus banale dans ces dossiers, parce que l’identification se fait sur le nom et la date de naissance. Faites établir la concordance avant de déposer : voir orthographe des noms et certificat de concordance de nom.
Oui en général, par une autorité que la caisse accepte, et le formulaire précise laquelle. Vérifiez ce point avant de vous présenter à un guichet quelconque : un certificat établi par une autorité non prévue est renvoyé, et le délai continue de courir pendant ce temps.
Cela dépend de ce que demande la caisse française, et souvent la pièce circule directement entre institutions sans passer par vous. Si l’on vous demande de la produire vous-même, elle suit alors la chaîne turque ordinaire : apostille en Turquie, puis traduction vers le français.