Jugements et décisions de justice turcs
Un jugement turc destiné à l’étranger n’est presque jamais accepté seul : il lui faut la mention qui le rend définitif, l’apostille du guichet judiciaire et une traduction intégrale, numéros de dossier compris.
Vérifié le 8 septembre 2026 Mis à jour le 8 septembre 2026
L’essentiel
- Catégorie de document
- Actes judiciaires
Une décision rendue par un tribunal turc ne circule pas telle quelle. Trois choses la rendent utilisable à l’étranger : une copie délivrée par le greffe, la preuve qu’elle est devenue définitive, et une apostille apposée par le bon guichet — qui n’est pas celui des actes administratifs.
Ce que c’est, et ce que ce n’est pas
Le terme turc mahkeme kararı désigne la décision écrite d’un tribunal : dispositif, motifs, identité des parties, numéro de dossier et numéro de décision. C’est la pièce que réclament les administrations étrangères lorsqu’une situation a été tranchée par un juge en Turquie.
Ce que ce n’est pas : une attestation résumant l’issue de l’affaire, ni un extrait d’état civil déjà mis à jour. Un jugement de divorce prononcé en Turquie ne modifie pas, à lui seul, le registre d’un autre pays ; la transcription est une démarche distincte. Un jugement ne prouve pas non plus qu’aucun recours n’a été formé : c’est l’objet d’une mention séparée, décrite sur le certificat de caractère définitif.
Où l’obtenir
Auprès du greffe du tribunal qui a rendu la décision, en s’appuyant sur le numéro de dossier : voir les tribunaux turcs et leurs greffes. Le greffe délivre une copie certifiée conforme, signée et scellée. Si vous ne savez plus quel tribunal a été saisi, un avocat ou un mandataire muni d’une procuration peut la retrouver à partir de votre identité ; voir procédure judiciaire en Turquie.
Depuis l’étranger, la voie praticable reste le mandataire : le greffe délivre au guichet, pas par courrier international. Le mécanisme est décrit sur l’obtention de documents par procuration.
Faut-il une apostille, et auprès de quel guichet ?
Oui pour un usage dans un pays partie à la convention de La Haye. Un jugement est un acte judiciaire : l’apostille est apposée par la commission judiciaire du palais de justice, et non par la préfecture. Voir la commission judiciaire. Se présenter à la préfecture avec un jugement fait perdre une journée, parfois davantage.
Faites apostiller avant de traduire : l’apostille est elle-même un texte que le destinataire doit pouvoir lire. L’ordre des opérations est expliqué sur apostille d’abord ou traduction d’abord.
Durée de validité
Un jugement ne périme pas : il constate une situation juridique à une date donnée. En revanche, l’administration destinataire peut exiger une copie récemment délivrée par le greffe, pour s’assurer que la décision n’a pas été réformée depuis. Cette fenêtre de fraîcheur n’est pas fixée par la Turquie mais par le destinataire ; demandez-la avant de lancer la chaîne, voir durée de validité des documents turcs.
Existe-t-il une version plurilingue ?
Non. Les formulaires normalisés plurilingues, qui dispensent à la fois de traduction et de légalisation, couvrent les extraits d’actes de l’état civil — naissance, mariage, décès — et non les décisions de justice. Le périmètre exact figure sur actes plurilingues. Pour un jugement, la chaîne complète s’applique.
Une économie reste possible en amont. Si le destinataire cherche seulement à établir votre situation matrimoniale actuelle, un extrait plurilingue peut suffire et le jugement devient inutile. Posez-lui la question avant de commander la traduction d’une décision de plusieurs pages.
Le jugement se traduit en entier
Traduire le seul dispositif est une économie qui coûte cher : les administrations écartent les traductions partielles, faute de pouvoir vérifier ce qui a été retiré. Motifs, en-têtes, mentions de greffe et formules finales font partie du document.
Les numéros de dossier et de décision se recopient tels quels, sans conversion ni reformatage : ils servent d’identifiant si le destinataire veut vérifier auprès du greffe turc. Les noms d’institutions ne se traduisent pas librement non plus — voir noms des institutions turques.
Qui le demande
Reconnaissance d’un divorce, garde d’enfant, succession, changement de nom, adoption, litiges commerciaux, dossiers de nationalité lorsqu’une décision a modifié l’état civil. Voir aussi le jugement de divorce turc et le jugement de garde.
Ce que nous faisons
Nous récupérons la copie au greffe par procuration, nous vérifions la présence de la mention de caractère définitif, nous présentons la pièce à la commission judiciaire, puis nous traduisons l’ensemble. Le volume commande le devis : une décision longue représente plus de pages qu’un extrait, et nous le disons avant de commencer. Voir la page tarifs.
Questions fréquentes
La délivrance suppose une qualité à agir : partie à l’instance, héritier, représentant. Un tiers sans lien avec l’affaire n’obtient rien. Si vous étiez partie mais vivez à l’étranger, un mandataire muni d’une procuration expresse pour le retrait de pièces judiciaires règle la question ; des pouvoirs rédigés en termes vagues seront refusés au guichet.
Le plus souvent oui, non parce que l’ancienne serait fausse, mais parce que la nouvelle copie portera une date récente et, le cas échéant, les mentions ajoutées depuis. Une copie ancienne peut aussi être devenue illisible ou avoir perdu son sceau, ce qui bloque l’apostille.
La traduction se fait sur la pièce qui sera présentée au destinataire, donc sur la copie certifiée apostillée. Travailler d’après une photocopie oblige à tout recommencer dès que la copie officielle diffère d’une mention ou d’une page. Voir original, copie certifiée ou photocopie.
Non. Les juridictions turques rédigent et délivrent en turc. La version française est produite après coup, puis certifiée selon le circuit exigé par le pays destinataire. Certains pays imposent que cette traduction soit faite chez eux, par un traducteur inscrit auprès de leurs autorités ; vérifiez-le avant de commander.